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Abstract

Dans le bassin lémanique, le groupe des grassettes à grandes fleurs, comprenant la grassette à grandes fleurs sensu stricto, la grassette de Reuter et la grassette rose, constitue un cas rare et remarquable de spéciation. Dans la mesure où l’ensemble des localités actuellement connues étaient situées sur des zones englacées lors du pléistocène, on peut parler de néotaxons. En dépit de leur fort enjeu patrimonial, peu d’éléments quantifiés existent en termes de morphologie et d’écologie quantitative sur ces entités et aucune étude de la génétique de ces populations n’a encore été réalisée. Douze descripteurs floraux ont ainsi été considérés sur 381 individus et 77 marqueurs moléculaires sur 132 individus. Au-delà de leur couleur à l’anthèse et d’une taille plus importante, les individus de grassette de Reuter présentent des proportions florales similaires et se confondent génétiquement avec les individus de grassette à grandes fleurs. En revanche, les individus de grassette rose se distinguent sur le plan de leur structure florale et génétique. Ainsi, si la grassette de Reuter peut être considérée comme une variété de la grassette à grandes fleurs (Pinguicula grandiflora var. reuteri (Gaudin) Reuter) en raison de ses faibles variabilités morphologiques et génétiques, la grassette rose apparait comme une espèce distincte (Pinguicula rosea (Mutel) comb. nov.) bien différenciée génétiquement, morphologiquement et biogéographiquement.

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