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Abstract

Cet article est issu d’une recherche interdisciplinaire en pharmacie et sciences sociales sur la polymédication et la déprescription en maison de retraite menée en Suisse romande. Si les facteurs psycho-sociaux sont souvent mobilisés pour expliquer la difficile déprescription (réduction encadrée de la consommation de médicaments pour réduire ses effets délétères identifiés), les propos des usagers interviewés mettent en lumière les facteurs structurels du fonctionnement des établissements pour comprendre le phénomène de polymédication et sa persistence. Perdant leur autonomie sur beaucoup d’aspects de leur vie quotidienne, la plupart des résidents délèguent intégralement la gestion des médicaments aux professionnels et estiment ne plus vraiment avoir de prise sur l’évolution des prescriptions. L’enquête montre pourtant qu’entre recherche d’efficacité et crainte des effets secondaires, les usagers se révèlent perméables aux discours des professionnels et accessibles à la sensibilisation aux risques de la polymédication. L’article conclut sur des pistes qui pourraient faciliter une démarche de déprescription concertée, et favoriser le partage des décisions avec les résidents de maisons de retraite à partir du levier des consommations de médicaments.

Based on an interdisciplinary study in pharmacy and social sciences on polymedication and deprescribing in nursing homes in French-speaking Switzerland, this article analyzes the points of view of nursing home residents and their relatives regarding their medication use. Although psycho-social factors are often considered to explain the difficulties of deprescribing (the supervised reduction of medication use to reduce identified harmful effects), the nursing home residents that we interviewed highlight structural factors in the functioning of nursing homes as being responsible for the persistence of this phenomenon. Losing their autonomy in many areas of their daily lives when they enter the nursing home, most residents entirely delegate the management of medication to health professionals and consider that they no longer have control over the evolution of their prescriptions. This study shows that, between the quest for effectiveness and the fear of side effects, nursing home residents are susceptible to health professionals’ discourses and are open to risk sensitization regarding polymedication. This article concludes with tangible directions that could enable a concerted deprescribing approach, fostering shared decision-making with nursing home residents based on the lever of medication use.

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