Cet article met en lumière la complexité des interactions entre policiers et personnes en état mental perturbé (PEMP), en Suisse. Les réflexions sont tirées d’une recherche ethnographique qui examine comment s’opère l’arbitrage des policiers face à une situation, davantage à partir d’observations pragmatiques de « bon sens » et en fonction du contexte social qu’à partir de diagnostics médicaux formels. Cette appréhension des évènements est cruciale, car de la catégorisation des agents va découler la suite donnée aux sollicitations. Ces interventions révèlent par ailleurs la tension permanente du métier de policier face à des missions aux contours flous, oscillant entre urgence et assistance.